J'ai la fascination du déchet... Pas le déchet sale et inutile. Non, le déchet qui atteste d'un progrès, d'une progression, d'un processus. Le déchet qui se jette, parce qu'au fond, il s'ajoute. Le déchet pas tout à fait perdu.
J'ai la passion des work in progress. Je ne cherche pas d'ailleurs à en saisir la progression réelle, je les parcours. Les miens comme ceux des autres. Persuadée que le sens se construit dans le temps, dans le dévoilement du temps qui passe. Charmée par les instantanés, les morceaux inaboutis.
J'ai plus aimé les croquis préparatoires du guernica que la toile elle-même... Le texte inabouti, la photo ratée, la sculpture devenue molle d'abandon me plaisent autant sinon plus que l'oeuvre finie. Les choses terminées sont belles, résultat d'une pensée qui se modèle, mais les choses non-finies, sont infinies...
Par Agnès Cappadoro
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Publié dans : work in progress
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